Quels textes préparer avant de faire créer son site internet ?

Younes K.Développeur web freelance

Je crée des sites internet, des boutiques en ligne et des applications sur mesure pour les entreprises.

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Quand un projet de site prend six mois au lieu de six semaines, ce n’est presque jamais la technique qui bloque. C’est une phrase qui revient : « il me manque encore les textes ». Le site est prêt, la mise en page attend, et le projet dort parce que personne n’a écrit les deux paragraphes de la page d’accueil. C’est frustrant pour tout le monde, et c’est entièrement évitable.

Je crée des sites internet pour des petites entreprises, et j’ai fini par envoyer cette liste avant même de commencer, parce que c’est elle qui décide du délai réel. Dans cet article, je vous donne exactement ce qu’il faut préparer, page par page, qui peut l’écrire si ce n’est pas vous, et la méthode que j’utilise pour que ça prenne quelques heures au lieu de quelques mois.

Pourquoi ce sont toujours les textes qui bloquent

Écrire sur son propre métier est étonnamment difficile. Vous le connaissez trop bien : tout vous semble évident, donc rien ne mérite d’être écrit. Vous craignez aussi de mal dire, alors vous repoussez. Et comme aucune date ne pèse sur cette tâche — contrairement à une facture ou à un chantier —, elle glisse de semaine en semaine.

L’autre raison est plus pratique : on ne sait pas ce qu’on doit fournir. « Envoyez-moi vos textes » est une demande floue. Vingt lignes ? Cinq pages ? Sur quels sujets ? Personne ne s’attaque sereinement à une tâche dont il ne voit pas le bord. La liste ci-dessous existe pour ça : rendre le travail fini, et donc faisable.

La liste page par page

Un site de petite entreprise tient en général en quatre ou cinq pages. Voici ce qu’il faut pour chacune, avec des volumes concrets — ils sont là pour vous rassurer, pas pour vous contraindre.

La page d’accueil

C’est la plus courte à écrire et la plus importante. Il faut une phrase qui dit ce que vous faites et pour qui (« Plombier chauffagiste à Rennes et 20 km alentour, dépannage sous 24 h »), un paragraphe de cinq à huit lignes qui développe, et trois à cinq points forts en une ligne chacun : ce qui vous distingue concrètement, pas des qualités générales. « Devis gratuit sous 48 h » vaut mieux que « professionnalisme et sérieux ».

La page qui décrit ce que vous vendez

Prestations, services ou produits : listez-les et écrivez cinq à dix lignes par ligne d’activité. Ce que ça comprend, dans quels cas c’est le bon choix, et si possible un ordre de prix ou un « à partir de ». Beaucoup hésitent à afficher des tarifs : sachez qu’une fourchette écarte surtout les demandes hors budget, celles qui vous font perdre du temps des deux côtés. Si vous avez plusieurs métiers très différents, prévoyez une page par métier plutôt qu’une page fourre-tout.

La page « qui je suis »

Dix à quinze lignes suffisent : depuis quand vous exercez, votre parcours en deux phrases, vos diplômes ou certifications s’il y en a, votre façon de travailler. Cette page ne se lit pas beaucoup, mais elle se lit au moment décisif — juste avant qu’on vous appelle. Une photo de vous y fait plus d’effet que trois paragraphes.

Les réalisations ou références

Pour chaque exemple montré : deux ou trois lignes de contexte (le besoin, ce que vous avez fait, le résultat) et des photos. Cinq exemples bien présentés valent mieux que trente en vrac. Si vous ne pouvez pas nommer vos clients, décrivez sans nommer : « une boulangerie du centre-ville » fonctionne très bien.

La page contact et les informations pratiques

La plus simple, et pourtant celle qu’on livre le plus souvent incomplète : téléphone, e-mail, adresse si vous recevez, horaires, zone d’intervention, délai de réponse habituel. Vérifiez chaque information vous-même — un numéro obsolète sur une page contact coûte plus cher que n’importe quelle faute de style.

Les éléments à rassembler une bonne fois pour toutes

Au-delà des textes, quelques éléments sont demandés systématiquement. Les réunir dans un seul dossier avant de commencer évite une dizaine d’allers-retours par e-mail.

  • Votre logo dans sa meilleure qualité disponible — le fichier d’origine si vous l’avez, pas une capture d’écran ou une image récupérée sur une facture.
  • Vos photos : celles de vos réalisations, de votre local, de votre équipe. En qualité d’origine, non retouchées, directement telles que sorties de l’appareil ou du téléphone.
  • Vos coordonnées officielles : raison sociale exacte, numéro SIRET, adresse du siège, statut juridique. Ce sont les mentions légales, obligatoires sur tout site professionnel.
  • Vos comptes existants : fiche d’établissement Google, réseaux sociaux, plateformes de réservation ou d’avis — pour que le site pointe vers eux plutôt que de les ignorer.
  • Vos documents déjà écrits : plaquette, catalogue, texte d’une ancienne page, conditions de vente. C’est souvent 70 % de la matière, et personne n’y pense.

Ce dernier point mérite d’être souligné : le contenu que vous cherchez existe souvent déjà, éparpillé. Une plaquette imprimée, un devis type, un message que vous envoyez souvent à vos clients pour expliquer votre façon de travailler — tout ça se recycle. Écrire à partir de quelque chose est infiniment plus facile que partir d’une page blanche.

Qui écrit : les trois formules

Il n’y a pas de bonne réponse universelle, mais il y a trois configurations claires. Le pire scénario est de ne pas choisir — chacun croit alors que l’autre s’en occupe, et le projet s’arrête là.

  1. Vous écrivez tout. Le moins cher et souvent le plus juste de ton : personne ne connaît votre métier comme vous. Compter cinq à dix heures étalées sur deux semaines. La condition, c’est de vraiment bloquer ces heures dans votre agenda.
  2. Vous parlez, quelqu’un écrit. Vous répondez à des questions pendant une heure, votre prestataire rédige à partir de vos réponses, vous corrigez. C’est de loin la formule la plus efficace pour ceux qui « ne savent pas écrire » : à l’oral, tout le monde sait expliquer son métier.
  3. Un rédacteur professionnel s’en charge. Utile quand il y a beaucoup de pages ou un enjeu de visibilité fort. Comptez en général 80 à 200 € par page rédigée. Vous fournissez quand même la matière : personne ne peut inventer vos délais, vos prix ni vos références.

Quelle que soit la formule, mettez-la noir sur blanc dans le devis, avec qui fournit quoi et à quelle date. C’est l’un des points que je vous conseille de vérifier ligne par ligne avant de signer — les contenus sont un poste de devis à part entière, et leur absence est la première cause de projet qui déborde.

Les photos : ce qui aide, ce qui dessert

Les photos comptent autant que les textes, parfois plus. Des photos de vos vrais chantiers, de votre vrai local, de vos vrais produits inspirent immédiatement plus confiance que des images génériques achetées en banque d’images — que vos visiteurs ont déjà vues dix fois ailleurs, souvent chez vos concurrents.

Trois règles simples suffisent. Photographiez de jour, près d’une fenêtre ou dehors : la lumière fait 80 % du résultat. Prenez plus de photos que nécessaire, on trie ensuite. Et envoyez-les en qualité d’origine : une photo passée par une application de messagerie perd sa définition et devient floue une fois affichée en grand. Si vous n’avez rien de présentable, une demi-journée de photographe coûte souvent 300 à 600 € et sert plusieurs années, sur le site comme ailleurs.

La méthode pour ne pas s’enliser

Ce qui fait traîner un projet, ce n’est pas la quantité de travail — c’est l’absence de cadre. Voici la méthode qui fonctionne le mieux chez mes clients, y compris ceux qui « détestent écrire ».

  1. Fixez une date de livraison de vos contenus, avant même le début du projet, et traitez-la comme un rendez-vous client.
  2. Découpez : une page par séance, jamais tout le site d’un coup. Une page prend rarement plus d’une heure quand on sait ce qu’on doit y mettre.
  3. Écrivez au fil de l’eau, mal. Un brouillon maladroit se corrige en dix minutes ; une page vide ne se corrige pas. La version parfaite du premier coup n’existe pas.
  4. Dictez si écrire vous bloque : parlez dans le dictaphone de votre téléphone comme si vous expliquiez à un client, puis remettez au propre. C’est plus rapide et le ton est plus naturel.
  5. Envoyez tout en une fois, dans un seul dossier. Les envois au compte-gouttes rallongent le projet bien plus que la rédaction elle-même.

Un dernier conseil qui a des effets bien au-delà du confort de lecture : écrivez avec les mots que vos clients emploient, pas avec le vocabulaire de votre métier. Quelqu’un cherche « réparation fuite d’eau », pas « intervention en plomberie sanitaire ». Ces mots-là sont exactement ceux que Google utilise pour décider si votre page répond à une recherche — un site sans texte n’a tout simplement rien à proposer aux moteurs de recherche.

Les erreurs qui coûtent le plus de temps

  • Attendre d’avoir « tout » pour envoyer quelque chose. Mieux vaut livrer trois pages sur cinq et faire avancer le projet en parallèle.
  • Copier les textes d’un concurrent. C’est repéré par Google, juridiquement risqué, et ça vous rend interchangeable — l’inverse du but recherché.
  • Écrire à la troisième personne (« notre société met son savoir-faire à votre service ») quand on est seul ou deux. Le « je » ou le « nous » direct est plus crédible.
  • Multiplier les pages parce que ça fait sérieux. Cinq pages tenues à jour valent mieux que quinze pages à moitié vides.
  • Considérer les contenus comme figés. Vos prestations changeront ; prévoyez dès le départ comment vous les modifierez, ou qui le fera pour vous.

Comment je peux vous aider

Si cette liste vous paraît lourde, sachez que c’est la partie où j’accompagne le plus mes clients : en pratique, une heure d’entretien au téléphone suffit souvent à couvrir tout un site vitrine, et je rédige à partir de vos réponses — vous n’avez plus qu’à corriger. Concrètement, je réalise :

  • des sites vitrines, contenus rédigés à partir d’un entretien si vous le souhaitez ;
  • des boutiques en ligne, y compris les fiches produits ;
  • des applications et des outils sur mesure ;
  • la refonte d’un site existant, en reprenant et en remettant à jour vos contenus actuels ;
  • la maintenance, pour que vos textes et vos informations restent à jour dans la durée.

Pour vous faire une idée du niveau de contenu attendu, le plus parlant reste de regarder des sites déjà en ligne.

Questions fréquentes

Combien de texte faut-il pour un site vitrine ?

Beaucoup moins qu’on ne l’imagine. Pour un site de quatre à cinq pages, comptez environ 300 à 500 mots par page, soit une page A4 manuscrite. La page d’accueil est la plus courte : une phrase qui dit ce que vous faites, un paragraphe qui développe, trois à cinq points forts. Au total, cinq à dix heures de travail étalées sur deux semaines.

Puis-je faire créer mon site avant d’avoir les textes ?

La conception peut commencer, mais la mise en ligne, non : une page se dessine autour de son contenu, pas l’inverse. On peut travailler avec des textes provisoires pour avancer sur le design, à condition d’avoir fixé une date de livraison des textes définitifs. Sans cette date, c’est précisément là que les projets s’arrêtent pendant des mois.

Qui doit écrire les textes de mon site ?

Trois formules existent : vous écrivez tout, vous répondez à des questions et votre prestataire rédige à partir de vos réponses, ou un rédacteur professionnel s’en charge (80 à 200 € par page en général). La deuxième est la plus efficace pour ceux qui n’aiment pas écrire : à l’oral, tout le monde sait expliquer son métier. L’essentiel est de trancher par écrit dans le devis.

Puis-je utiliser des photos trouvées sur internet ?

Non, sauf si elles sont explicitement libres de droits ou achetées : une image reprise sur un autre site expose à une demande d’indemnisation, ce qui arrive régulièrement. Et même légales, les photos de banques d’images desservent : vos visiteurs les ont déjà vues ailleurs. Vos vraies photos, prises de jour et envoyées en qualité d’origine, inspirent bien plus confiance.

Est-ce que vous pouvez écrire les textes à ma place ?

Oui, c’est même le cas le plus fréquent. On fait un entretien d’environ une heure où je vous pose des questions sur votre métier, vos clients et vos prestations ; je rédige à partir de vos réponses et vous corrigez. Le premier échange est gratuit et sans engagement, et vous recevez un devis détaillé sous 24 heures qui précise noir sur blanc qui fournit quoi.

En résumé

Les contenus sont la vraie ligne critique d’un projet de site : la technique se planifie, les textes se repoussent. Préparez une phrase et un paragraphe pour l’accueil, cinq à dix lignes par prestation, une dizaine de lignes sur vous, deux ou trois lignes par réalisation, et des informations de contact vérifiées. Ajoutez votre logo, vos vraies photos en qualité d’origine et vos mentions légales. Décidez ensuite, par écrit, qui écrit — et fixez une date. Une page par séance, des brouillons imparfaits, un seul envoi groupé : c’est cette méthode-là qui fait passer un projet de six mois à six semaines.

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